Sorties en bateau

Oukonva

présentation

Oukonva est un Feeling 546 de 17m x 5,20 x 20 tonnes. C’est un bateau des années 90, mais sa conception reste plutôt moderne pour l’époque, avec une luminosité assez exceptionnelle dans le carré, et 4 cabines doubles avec douche et toilettes individuelles. Il est robuste, fiable, stable, confortable, bien équipé, conçu à une époque où on fabriquait des bateaux solides. 

La doxa du richou…

L’être humain a besoin de passions pour exister. A rebours de cette doxa qui veut que posséder un bateau soit un privilège de nanti, la voile est un plaisir de passionnés: passionnés de mer, de voyages, d’espaces, de liberté, de quiétude, de sensations…de tout, mais pas d’argent.

Les propriétaires des bateaux sur lesquels vous avez déjà navigué, ou sur lesquels vous allez peut-être embarquer, ne sont probablement pas plus argentés que vous, et dans bien des cas font d’immenses efforts financiers et sacrifices pour posséder un bateau et en faire profiter les autres. Les « richoux » sont au chaud dans des endroits où le soleil est généreux, et non pas dans nos contrées qui ont inventé le vent, la pluie, et où les tas de bois l’hiver sont énormes…

Cette doxa est tenace. Elle s’instille partout dans l’esprit des gens, et aussi chez les intervenants professionnels de la plaisance qui n’hésitent pas à surfacturer les prestations sur les bateaux de propriétaires, puisqu’un plaisancier est un « richou » à qui on peut faire les poches, de la même manière qu’on n’hésite pas à arnaquer l’anglais ou l’allemand qui aspire à rénover sa résidence de vacances en France, avec des tarifs prohibitifs au prétexte qu’il est étranger, par conséquent naïf…

J’ai reçu des factures multipliées par 2,5 par rapport au devis initial, j’ai vu des devis similaires du double du concurrent situé à 100m pour exactement le même service, j’ai tellement entendu de voisins de ponton se plaindre d’indélicatesses en tous genres que j’en deviens paranoïaque.

Cette stigmatisation du « riche » issue de notre passé communiste de l’après guerre, et même avant puisque Balzac écrivait déjà que « derrière chaque fortune se cachait un crime », cette lutte idéologique des classes sociales crée un climat délétère. Notre pays ayant toujours eu un rapport malsain avec l’argent.
Bien entendu, un arbitre des élégances morales pourra me rétorquer qu’il ne faut pas en faire une règle générale, cependant on m’a enseigné au collège que quand bien même une règle de grammaire comporte des exceptions, ca reste tout de même une règle de grammaire.

Oukonva pour aller où…

J’ai acheté ce bateau pour naviguer, pas forcément pour voyager. La découverte des nouveaux  mondes, Colomb, De Gama, Magellan s’y sont déjà frottés, et du reste ca ne s’est pas toujours bien terminé.

Le « tour du monde », c’est bien mieux dans les reportages parce qu’on nous montre que le papier glacé de la carte postale. Les moustiques, les 62°C à l’ombre (Brésil mars 2024), la dengue, le palu, le chikungunya, les vortex de déchets humains (6ème continent), les bananes au chlordécone, les langoustes au mercure, le poisson à la ciguatoxine, les plages aux emballages plastique, le racket endémique, les pillages, les agressions, les emmerdes à la douane, la corruption, les pannes là où l’on vient seulement de découvrir la brouette en bois…ca n’apparaît pas sur les photos, ni dans les reportages.

Ah bon, et a quoi ca sert tout ca…

C’est comme un GPS, sauf qu’au lieu qu’on se dise comment on va d’un endroit à un autre, on se pose d’abord la question du pourquoi qu’on y va. J’aurais pu appeler le bateau « Pourkoikonnyva », ou « Pourkoikonnyvapa » plutôt qu’« Oukonva ».

Le propre de l’Homme est de vivre et non pas d’exister. Ca a l’air de rien dit comme ca, mais ca simplifie grandement la vie de savoir parfois pourquoi on fait les choses. Oui, parce que ca ne vous viendrait sûrement pas à l’idée d’aller quelque part sans savoir pourquoi. Et pourtant, si vous demandez à un quidam pourquoi il veut voyager au bout du monde, il va vous répondre spontanément que c’est pour voir du pays…

  • Ah bon! Mais alors la France, ce n’est pas un pays ?
  • Si, si…mais ce pays n’est pas assez loin, mon fils…

Pour les voyages, comme en amour, j’ai souvent constaté que le désir tenait rarement ses promesses. Du reste, sans une certaine ironie, Sacha Guitry disait que « les voyages ca servait surtout à ennuyer les autres une fois qu’on était rentré ». Moi j’ai trouvé qu’avant d’ennuyer les autres, on s’y ennuyait déjà beaucoup soi-même.

J’ai déjà voyagé, mais toujours de manière idiote, c’est-à-dire sans savoir pourquoi. Naturellement je n’en ai pas tiré la quintessence que je pouvais en attendre, parce que j’avais une vision de l’aventure un peu angélique avant de partir.

J’ai vu la misère, j’ai vu la souffrance, j’ai vu la saleté, j’ai vu tout le mal qu’on faisait à la planète, j’ai vu la direction que prenait l’humanité … J’ai appris, j’ai compris.

Depuis, je me suis promis in petto que je ne me rendrai plus nulle part sans objectif, sans donner un sens à ce que je projette. Je me souviens d’un prof. de fac qui écrivait sur le tableau en préambule d’un cours: « Un rendez-vous comporte trois étapes. La première : préparer… La deuxième: préparer…la troisième : préparer… »

Voilà, tout était dit mais je n’avais pas dû écouter ce jour là.

Les rapports sociaux… Justement, parlons-eN!.


Houlala…discipline !! kézako ?
J’ai effectué un des premiers « rallye du soleil » en 2001 en bateau-stop. C’était – ou c’est encore je ne sais pas – un périple qui partait de France pour se rendre aux Etats Unis, via l’Afrique du nord, l’Afrique centrale, le Brésil…
Nous étions une flotte composée de plusieurs bateaux, peut-être une dizaine. Des équipages hétérogènes, des patrons de bateau tout autant. Certains propriétaires étaient en couple, d’autres seuls, mais presque tous avaient des équipiers pris plus ou moins au hasard des rencontres, ou via des sites idoines
Eh bien je crois que je n’ai jamais vu un seul bateau sur lequel ca s’est vraiment bien passé. J’ai connu des types extrêmement sympathiques à terre qui se comportaient comme des despotes sur leur bateau, et j’ai vu des équipiers sur lesquels on ne pouvait jamais compter.
J’ai vécu des ambiances délétères au point que les équipages avaient hâte d’arriver à terre pour reprendre l’avion.

J’invoquerais quelques réflexions que personnellement je trouve pertinentes pour justifier ces comportements: le manque de confiance en soi et la promiscuité.

De quoi Oukonva a besoin…

Oukonva bateau

De tout, mais certaines spécialités comme l’électricité, l’électronique, l’informatique, la mécanique, sont souverainement appréciées. Toutefois, celui qui sait cuisiner, éplucher un navet, laver une casserole, faire cesser la pluie,  calmer la tempête, chasser les nuages, marcher sur l’eau, changer l’eau en vin… et n’est jamais malade, pourra servir grandement la cause commune.

Tout naviguant n’est pas le passager d’un jour, mais un membre actif. Il est équipier, pas un sac de sable qui change de place à chaque virement de bord. Il est impliqué, il agit toujours en responsabilité  comme si le bateau était à lui, comme si ses équipiers étaient sa famille, comme s’il avait lui-même acheté le matériel.

C’est pourquoi, il est important que les équipiers se mobilisent pour contribuer à l’entretien du bateau quand c’est nécessaire : nettoyage, ponçage, peinture, bricolage divers, etc. Il ne s’agit pas de remettre en état le bateau, mais de le conserver en l’état toute l’année.

Entre l’entretien courant, les assurances, les frais de port, la francisation, l’énergie, le carénage, le remplacement de matériel, et j’en passe… il faut compter 10000€/an…si tout va bien. C’est beaucoup de sous, certes, mais c’est le prix de la passion.

Comme tout a un coût, je réfléchis à mettre en place une caisse de bord d’un montant de 10€/jour de sortie en mer. La gratuité dévalorise le désir, participer développe le sentiment d’appartenance.

Cette contribution ne rentrera pas dans ma poche, naturellement, mais elle sera destinée à acheter les produits d’usage courant :, essuie-tout, vinaigre, huile, moutarde, produits entretien, carburant, café, gaz, piles, lavomatic, filtres café, consommables divers et matériel perdu en mer lors des manœuvres, etc…

Tout sera consigné, recettes et dépenses, dans la transparence totale. A souligner que je contribue également à cette cotisation au même titre que les équipiers.

Il est envisagé de réaliser une association loi 1901 qui réunira tous les équipiers d’un jour ou de croisière. L’idée est de créer une dynamique autour de ce bateau où chacun pourra organiser ses moments de détente.

Les gens intéressés par un projet de navigation prennent contact avec Oukonva sur le site. Ils s’inscrivent en laissant nom, prénom, âge, lieu d’habitation, expérience de navigation (débutant, confirmé, autonome), profession (certaines professions peuvent être d’un intérêt pratique pour un équipage : médecin, mécanicien, alpiniste (maintenance dans la mâture), etc.

La participation est ouverte en principe à tout le monde.

Toutefois Oukonva a entre autres responsabilités, la sécurité des équipages, la cohésion des équipes, le bon fonctionnement des sorties. Par conséquent il s’accorde le droit d’accepter ou de refuser les inscriptions de manière qui pourra peut-être sembler totalement arbitraire.

Cependant, dans « équipage » il y a « équipe ». Une équipe, ce n’est pas un groupe. Un groupe, c’est un rassemblement de plusieurs personnes : un bateau-promenade, par exemple.

Une équipe, c’est aussi un groupe de personnes, mais dont la synergie des compétences et des intérêts permettent d’atteindre un objectif commun sans encombre. Présentement, c’est le cas. La cohésion des équipages, c’est ce qu’il y a de plus difficile à réaliser sur un bateau.

Par ailleurs, des paramètres comme le nombre de candidatures peuvent également avoir une incidence sur cet arbitrage. Le concept est en période de rodage, certains aspects du fonctionnement seront probablement amenés à être amendés.

Les sorties à la journée seront bientôt visibles sur le calendrier, et les adhérents qui auront été validés pourront s’inscrire aux sorties en bateau envisagées.

OUKONVA
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