Je suis très présent sur les réseaux sociaux. Trouver l’équipage idoine, ce n’est pas une sinécure. J’ai un bateau physique. Dans des conditions hostiles, pour manœuvrer la GV, il me faut 3 équipiers.
Alors, j’ai commencé à mettre des annonces sur des groupes Facebook de voileux, naïvement, il faut bien l’avouer, sans préjuger du fait que toute manifestation extérieure de richesse est un crime de lèse majesté pour notre pays ancré dans le misérabilisme depuis l’avènement du communisme. Bien que Balzac écrivait déjà il y a 200 ans que « derrière chaque fortune se cachait un crime ». Oui, parce que posséder une maison à 400K est déjà un forfait indécent, voire honteux, mais un bateau de 18m au quart du prix de cette même maison, ca c’est une hérésie sociale, une insulte au tiers monde. Il n’y a pas assez de mot assez fort pour incarner ce crime contre l’humanité.
Par conséquent, un torrent de haine s’est déversé sur mes annonces : « Négrier exploiteur d’équipiers, faiseur de fric sur le dos des prolétaires de la mer, tyran, escroc de l’URSAFF, puisque 15€/jour en caisse de bord, c’est du charter illégal… Et je vous passe les plus gratinés du meilleur goût, la liste n’est pas exhaustive, puisque je ne parle pas des dénonciations pour fraude fiscale…Je vous assure qu’il faut être résilient pour perdurer sur ce chemin.
Les groupes sociaux de voileux sur Facebook sont pourtant un outil extraordinaire. C’est gratuit, ils fédèrent ceux qui aspirent à naviguer et ceux qui aspirent à rencontrer des gens qui partagent les mêmes passions. C’est un vivier de gens intéressés par la navigation qui payent 10 fois moins que s’ils étaient inféodés à une école de voile, telles que l’UCPA ou Les Glénans, tout en apprenant autant.
Cependant, il y a le revers de la médaille. Certain(e)s (je précise bien certain(e)s)équipier(e)s) se comportent comme des seigneurs. Après quelques déboires sur un bateau, ils n’hésitent pas à torpiller le skipper après leur séjour, à tirer sur leur mentor à boulets rouges en inondant les réseaux sociaux de commentaires haineux à l’encontre du bateau qui leur a pourtant accordé sa confiance. Leur but étant de convaincre les futurs équipiers de boycotter ce même embarquement qui les a porté(es). Des imbéciles, qui par haine et désir de vengeance pratiquent la politique de la terre brûlée. Oui, parce que le mal qu’ils font, ils ne le font pas qu’à eux-mêmes, ou au skipper, mais aussi à leurs égaux, ceux qui cherchent un embarquement. Et de ca, ils s’en foutent, du moment qu’ils assouvissent leur vindicte. Par ailleurs, ce sont des voyageurs, pas des marins. C’est-à-dire que le bateau, c’est juste une opportunité de passage, sans lendemain. Cependant, le mal est fait. Combien de fois j’entends dire par les propriétaires de bateau : « quand je lis ce qui est écrit sur les réseaux sociaux, ca ne donne pas envie de prendre des équipiers ». Parfois, j’avoue aussi m’interroger sur la question. Sans compter que les modérateurs de ces groupes sociaux n’ont souvent pas d’expérience de la navigation au long court, donc ne sont pas au fait de la promiscuité sur un bateau. Alors ils écoutent les remarques désobligeantes d’équipiers qui n’ont pas plus d’expérience qu’eux, et sanctionnent le skipper sans chercher à entendre la version contradictoire. Alors le bateau se trouve exfiltré sine die du groupe. C’est ce qui m’est arrivé avec le groupe « qui veut naviguer en Bretagne ». Mais de quel droit le skipper doit rendre des comptes à la société quand il invite des gens sur son bateau. Il est chez lui, il n’a aucune obligation légale ni contractuelle à garder des passagers, aucune soumission à l’égard des gens qu’il invite sur son bateau. Imaginons que vous invitiez des amis chez vous à dîner. Vous vous fâchez lors d’une discussion, vous les congédiez, et les convives vont se plaindre à la police parce que vous ne les avez pas gardés jusqu’au dessert ? Une passagère peut arguer de gestes déplacés par le skipper pour se venger, alors qu’il n’en est rien, sans témoin, et sans coup férir ce dernier se retrouve banni des réseaux sociaux par effet du prince. C’est la raison pour laquelle j’ai créé mon groupe Facebook « la voile en co-navigation ». Parce que je me suis dis que par effet du prince, par jalousie, par incompréhension, par incompétence, par idiotie, je peux être exclu d’un groupe. Et ce à quoi les modérateurs ne pensent pas, c’est qu’à force de tirer des balles dans les pieds, il y aura de moins en moins de pieds.
J’ai vu des équipiers sans expérience déclarer tout de go un skipper incompétent. Mais quelle compétence ont-ils pour juger de l’incompétence sur les réseaux sociaux ! Mais qu’ils achètent leur propre bateau, et on verra… Ca me fait penser au sketch de Coluche : « L’auto-stoppeur », où il se fait transporter gratuitement, en critiquant en permanence le chauffeur et sa voiture.
Il faut juste comprendre que tout le monde ne peut pas vivre en parfaite harmonie. On peut avoir des affinités avec des gens et de la répulsion pour d’autres. La nature humaine est ainsi faite. Tout le monde ne peut pas en communauté parfaite, surtout aujourd’hui. Le bateau est un endroit de promiscuité, le skipper a ses habitudes, l’équipier novice a tendance à faire comme à la maison, inévitablement ca conduit parfois à l’antagonisme. Voilà tout, c’est la vie. Personnellement j’ai eu des équipier(e)s qui avaient peu de savoir vivre, uniquement des contemplatifs opportunistes qui contestent tout, des voyageurs qui se servent du bateau juste comme moyen de transport d’un endroit à un autre, par idéologie écologique parfois, pour ne pas prendre le train ni l’avion. En cause le bilan carbone. Par conséquent, on se retrouve parfois avec des gens qui n’ont aucune considération pour le bateau ou le milieu marin. Et puis j’ai eu des équipes formidables, des gens qui s’adaptent, curieux, ouverts à tout, qui s’intéressent, qui veulent progresser. Des novices qui ne sont pas forcément des marins, mais qui ont du savoir vivre, de l’éducation, du respect des choses et des gens, de l’intelligence, de la culture… Personnellement je préfère cela, qu’un CV long comme le bras. Ce sont ces gens-là qui me font continuer encore à faire ce que je fais.
Bonjour, J ai aimé te lire et ainsi connaître un peu l homme, et mieux le « oukonva » .. très beau texte, rassurant et répondant à de nombreuses questions. J espère avoir la possibilité de vous rencontrer. Je suis ignorante à la navigation mais je sais éplucher un navet . Je vous souhaite une belle continuation à vous deux. Caroline
Bonjour , une lecture qui fait sourir d’ admiration pour votre patience .
On n’y decerne de la cohérance et une experience de l’ âme humaine et de la navigation en esprit d’ équipe .
Au plaisir de vous rencontrer à l’ Aber Wrac’h où je vis au ponton à bord de mon Moody 33 que je restaure accompagné de mes deux whippets .
Ici , le ponton visiteur à l’ espace de vous acueillir , et le mouillage est envisageable aussi au delà des bouées .
Bravo pour le choix de votre voilier, il est magnifique .
🌛⚓🌜
..foszen..
Bonsoir, je suis tombée sur ce site, je pense que tu es Hervé Millet dont j ai croisé la route en 95, je suis contente que tu es pu réaliser ton rêve!
Françoise