Quid de la caisse de bord

  1. A quoi sert ?

La caisse de bord est une cagnotte destinée à payer les frais inhérents au fonctionnement de l’équipage au quotidien pour la période concernée, hors nourriture directe, celle qu’on achète avant d’embarquer : produits frais, viande, pâtes, légumes, laitages, etc.

Quand on arrive sur le bateau existent déjà des éléments du quotidien qu’on appelle le consommable, et de la nourriture partiellement entamée des équipages précédents, qu’on ne rachète pas bien évidemment, puisqu’ils existent déjà. Personnellement je vis sur mon bateau, par conséquent il y a tout comme à la maison.

Quoi d’autre ? La caisse de bord sert à financer le carburant, les ports, le consommable (ce qui n’est pas acheté en nourriture courante)…et les maladresses éventuelles: casse, perte d’objet… 

  • Le carburant :
  • Gazoil du bateau ;
  • Gasoil du groupe électrogène qui fournit le 220v ;
  • Essence : moteur de l’annexe ;
  • Gaz : Four + gazinière.
  • Le service des ports : Le tarif d’une nuit pour Oukonva, par exemple en Bretagne, pour un port en eau pleine tel que St Quai Portrieux dans le 22, c’est 90€/jour.
  • Le consommable : eau douce, électricité, essuie-tout, papier toilette, sel, poivre, sucre, épices, moutarde, vinaigre, huile, beurre, produits ménagers, éponges, produits d’entretien, assurance équipiers, pinces à linge perdues ou cassées, sacs poubelle, vaisselle cassée, lavage draps (4 matelas)…C’est tout ca + ce que j’ai oublié.
  1. Le montant de la caisse de bord.

Un équipier laisse tomber dans l’eau : une manivelle de winch( +/- 100€), un pare-battage (+/-100€), casse de la vaisselle, la pompe des toilettes(+/-150€), perd un leurre de pêche (+/-25€), la canne de traîne (+/-400€), une manille, des pinces à linge, les jumelles, la VHF portable (+/-150€)…Que fait-on?

Deux hypothèses :

  1. L’équipier fait jouer sa Responsabilité Civile, établit une déclaration à son assurance. S’il en a une. Seulement, si l’assuré rechigne à le faire, ou refuse tout simplement, que fait-on ?
  • On mutualise les frais. C’est-à-dire qu’on prend une caisse de bord un peu supérieure aux frais réels qui sert à financer les dégâts commis le jour où ca arrive.

C’est ce deuxième critère que j’ai choisi, moins conflictuel que le premier. Sauf bien sûr, si les causes sont volontaires ou consécutives à une négligence prégnante. Ca s’appelle mutualiser les frais, c’est le principe des mutuelles de santé, des assurances, etc.    

  1. Ce qui est difficile à entendre et que j’ai cependant entendu :
  • «  La co-navigation, c’est un échange de bon procédé : les skippers ont besoin de nous, et nous en échange on les aide… par conséquent on ne devrait pas payer de caisse de bord…»

Que tout soit bien clair sur le sujet : nous savons nous servir de notre bateau, on n’a pas besoin d’équipiers qui n’ont pas navigué, pour naviguer.

Quand vous prenez un passager dans votre voiture dans le cadre d’un co-voiturage, vous n’avez pas besoin de lui pour conduire.

Si je prends des équipiers, ce n’est pas pour leur compétence, mais comme pour le co-voiturage, pour partager les frais. Un bateau comme le mien, c’est 20000€ d’entretien par an. La convivialité aussi est un moteur essentiel : partage des émotions, des valeurs, des passions, échange d’expériences, de connaissances…

  • La caisse de bord : « 20€/jour, c’est cher » (Dixit).

20 ou 30€/jour pour un bateau de cette catégorie, avec cabine individuelle équipée d’une douche et d’un wc, petite penderie et divers placards ; du courant en 220v, une cuisine équipée avec micro onde, machine à café, grille pain, bouilloire, auto cuiseur à œufs, etc.

Dans une école de voile, vous paieriez 100€/jour pour pas la moitié de l’équipement, pas la moitié de la place, deux fois plus de monde, un bateau deux fois plus petit.   

8 jours sur un voilier de prestige à 140€ la semaine, avec un confort que vous ne trouverez nulle part dans une école de voile, dites-moi que c’est cher, et dites-moi où c’est mieux à ce prix. Je revends mon bateau et je m’y rends de suite.

Pourquoi faire payer, puisque de toute manière tu t’y rends quand même ? (Entendu)
    • Pourquoi faire payer, puisque de toute manière tu t’y rends quand même ? Ca, c’est du vécu…
    • Pourquoi irais-je payer un billet de train, puisque que j’y sois ou pas, le train s’y rendra quand même ?
    • Pourquoi irais-je donner de l’argent à quelqu’un qui prend sa voiture pour aller d’un point A à un point B, puisque même sans moi il s’y rendra quand même ?
    • Pourquoi devrais-je apporter une bouteille de vin si je suis invité, alors que mon hôte en a surement dans sa cave ?

    Mais la courtoisie, mon ami, le savoir-vivre, la bienséance, les convenances, la délicatesse…Ma grand-mère me disait : « Quand on n’a pas le sou, eh ben on reste chez soi ».

    Tous ces gens biberonnés à l’aide publique ou à l’argent des parents pour les plus jeunes, qui n’ont jamais travaillé et qui veulent voyager sur le dos de la collectivité, sans aucun effort. L’une des conséquences néfastes de la gratuité est le non respect de la chose acquise sans peine. Ce qui est gratuit n’a pas de valeur…Et c’est bien ca le problème : cette anesthésie à la valeur des choses. Cet état d’esprit m’est encore plus insupportable, que les faits. C’est notamment ce que j’entends sur les pontons des voyageurs qui nous contactent pour des transats en direction des caraïbes ou des Antilles. Je dis bien des voyageurs, parce que ce ne sont pas des marins. Le marin, lui, il connaît le prix de sa passion.

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